S'il est un nom qui connu le succès sur la scène magique au XIXe siècle, c'est sans conteste Louis Comte. Directeur d'un théâtre, Louis Comte était un artiste qui - en plus d'être un homme d'affaires redoutable - savait mêler ventriloquie et magie lors de ses séances, deux domaines dans lesquels il excellait.

Dans le livret Voyages et séances anecdotiques de M. Comte, l'auteur (qui, ne soyons pas dupes, est certainement Comte lui-même ou un proche collaborateur) raconte comment l'artiste utilisait son talent de ventriloque pour se créer une forte réputation partout où il passait.
C'est ainsi qu'il "fait parler Marguerite d'Autriche dans l'église de Bron, que cette princesse a fondée. A Tours, il fait enfoncer quatre portes pour arriver jusqu'à un malheureux mourant de faim, que l'on croit enfermé dans une boutique, où le ventriloque avait jeté sa voix. Il épouvante à Rheims tous les habitans du quartier de l'église Saint-Nicolas, en faisant parler les morts.".
Nous pourrions continuer plus loin ses exploits, mais il en est un qui a bien failli lui coûter la vie. Ce même livret raconte que lorsqu'il était en Suisse, Louis Comte, pris d'un malin plaisir réutiliser ses talents de ventriloque. C'est alors que "Les paysans de Fribourg le prirent pour un sorcier, l'assaillirent à coups de hâche, et s'apprêtaient à le jeter dans un four allumé, s'il ne fût parvenu à effrayer les paysans fanatiques, en faisant sortir de la bouche du four une voix terrible qui répandit la terreur au milieu d'eux."
Une gravure vient même illustrer cette scène dramatique.

Alors, même si l'on peut se permettre de douter de la véracité de l'ensemble des anecdotes racontées dans ce livret, une chose est certaine : la prochaine fois que vous tentez de faire de la ventriloquie, méfiez-vous !